La taille des plumes de vol – Conséquences

La taille des plumes de vol est une pratique qui fait débat chez les propriétaires d’oiseaux. Cette pratique est encore largement utilisée à l’heure actuelle. Elle engendre cependant de graves conséquences physiologiques et psychologiques.

3 idées reçues sur la taille des plumes de vol

Cela ne permet pas de protéger l’oiseau

Un oiseau, même captif avec les plumes coupées, gardera toujours le réflexe de s’envoler ! Le vol reste son principal moyen de locomotion. Cela ne l’empêchera donc pas de s’échapper. Mais ses mouvements seront plus maladroits. En conséquence, il aura plus de chances de se blesser en intérieur, et moins de chances de survivre en extérieur.

Cela ne permet pas de l’apprivoiser plus facilement

Quand on taille les plumes de vol d’un oiseau, on peut l’attraper plus aisément. Les premières fois qu’on l’attrape, l’oiseau se débat beaucoup, puis de moins en moins. Mais ça ne signifie pas qu’il est apprivoisé pour autant. C’est ce qu’on appelle l’impuissance acquise : l’oiseau apprend qu’il n’a aucun pouvoir sur son environnement. Il se résigne alors et cesse donc de se débattre, puisque ccela ne change rien à sa situation. L’impuissance acquise est une grande source de stress et de mal-être. Tailler les plumes de vol d’un oiseau, c’est donc prendre le risque de perdre sa confiance.

Cela ne permet pas de diminuer l’agressivité

Quand un animal est confronté à un danger, son premier réflexe est toujours de fuir. C’est moins dangereux et moins coûteux qu’attaquer. Dans une attaque, on risque en effet d’être blessé voire tué. Mais un oiseau aux plumes taillées se voit très limité dans sa possibilité de fuite. Que lui reste-t-il alors ? L’attaque… Un oiseau aux plumes taillées peut donc devenir plus agressif.

“La taille des plumes a des conséquences dramatiques pour le bien-être de l’oiseau.”

 

2 conséquences négatives de la taille des plumes

Les conséquences physiologiques

Les oiseaux sont physiologiquement conçus pour le vol. Or voler consomme énormément d’énergie. Un oiseau qui ne peut pas exprimer correctement ce comportement ne fera donc pas assez d’exercice. En conséquence, il risque de développer de l’obésité et des maladies cardio-vasculaires. Ces pathologies peuvent entraîner un décès prématuré.

Les conséquences psychologiques

Chez les oiseaux, l’envol est le meilleur moyen de défense. Un oiseau qui ne peut pas ou mal voler ne pourra donc pas réagir correctement lors d’une situation de danger. Il en résultera un sentiment d’impuissance générant énormément de stress. Chez l’être humain, ce sentiment d’impuissance ressenti face à un danger peut déclencher un syndrome de stress post traumatique. Or on a déjà observé, chez des oiseaux en situation d’impuissance, certains symptômes s’apparentant à ce type de syndrome.

 

Que dit la loi ?

Selon l’article L214-1 du code rural :

Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce.

Or voler est un impératif biologique pour la grande majorité des oiseaux ! Tailler les plumes de vol va donc à l’encontre de la loi.

 

 

Voler est un impératif biologique pour les perroquets. Il est donc fondamental que ce comportement puisse s’exprimer au maximum. La taille des plumes des ailes a des conséquences dramatiques pour le bien-être de l’oiseau.

 

*Quelques ressources pour aller plus loin*

👉 Je vous raconte ici l’histoire d’un oiseau qui ne pouvait plus voler, et les conséquences négatives qui en ont découlé…

👉 Pour (re)voir la vidéo sur la taille des plumes de vol :

👉 Les références scientifiques à partir desquelles j’ai écrit cet article :

Biewener, A.A., 2011. Muscle function in avian flight: achieving power and control. Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, 366(1570), pp.1496-1506. https://royalsocietypublishing.org/doi/full/10.1098/rstb.2010.0353

Dumont, E.R., 2010. Bone density and the lightweight skeletons of birds. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, 277(1691), pp.2193-2198. https://royalsocietypublishing.org/doi/full/10.1098/rspb.2010.0117

Harrison, G.J. and Lightfoot, T., 2005. Clinical Avian Medicine. Spix Publishing, p. 393. http://avianmedicine.net/wp-content/uploads/2013/03/12_cardiology.pdf

Peng, S.J.L., Chang, F.C., Sheng-Ting, J.I. and Fei, A.C.Y., 2013. Welfare assessment of flight- restrained captive birds: effects of inhibition of locomotion. The Thai Journal of Veterinary Medicine, 43(2), p.235.

Seligman, M. E. P. (1975). A series of books in psychology.Helplessness: On depression, development, and death. W H Freeman/Times Books/ Henry Holt & Co.

Shimizu, T., Shinozuka, K., Uysal, A.K. and Kellogg, S.L., 2017. The origins of the bird brain: multiple pulses of cerebral expansion in evolution. In Evolution of the Brain, Cognition, and Emotion in Vertebrates (pp. 35-57). Springer, Tokyo.

Strunk, A. and Wilson, G.H., 2003. Avian cardiology. The veterinary clinics of North America. Exotic animal practice, 6(1), pp.1-28. https://www.vetexotic.theclinics.com/article/S1094- 9194(02)00031-2/pdf

The Cornell Lab of Ornithology Handbook of Bird Biology (third edition). Irby J.Lovette and John W.Fitzpatrick, editors. 2016.

Zanette, L. Y; Hobbs, E. C.; Witterick, L. E.; MacDougall-Shackleton, S. A. & Clinchy, M. (2019) “Predator-induced fear causes PTSD-like changes in the brains and behaviour of wild animals”, Scientific Reports, 9

👉 L’article de loi L214 :

https://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idSectionTA=LEGISCTA000006152208&cidTexte=LEGITEXT000006071367&dateTexte=20080531

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